14 mai 2011

Joli mois de mai

A Kuala Selangor, chips de poisson (keropok) séchant au soleil devant un temple (le temple est à droite, on ne le voit pas ici!)

Le mois de mai a bien commencé. Pour fêter le travail, on a fait une petite excursion vers un site où on peut voir briller des lucioles dans des buissons: Kuala Selangor. J'aime leur nom en anglais aussi, "fireflies". Pas de photos ici, elles étaient interdites. Seulement des environs, à Sekinchan, un bled connu pour ses rizières et ses fruits de mer.

Rizière à Sekinchan. Le bruit des oiseaux au-dessus de nos têtes, vous ne l'entendrez pas.

"Carcasses" de crevettes sur le port aux bateaux et caisses multicolores.

Prochaine balade prévue mardi de la fête de la naissance de Bouddha: Ipoh, ancienne ville coloniale, réputée pour ses bons petits plats et ses temples bouddhistes.

En attendant, les jours se succèdent et ne se ressemblent pas.

Je tombe un jour sur un chauffeur de taxi qui commence à me chanter "Alouette, gentille alouette" (à condition que je chante avec lui). Il a appris la chanson à l'orphelinat il y a 50 ans. Puis, comme d'autres taxis, il essaie de me convertir en 10 minutes de course, mais cette fois-ci, non pas à l'islam mais au catholicisme (Jésus l'a sauvé d'un cancer auquel il était condamné, m'assure-t-il).
Voici sa carte, si ses services vous intéressent. Regardez en bas le clin d'oeil biblique.



Et hier, vendredi 13, je dis à ma collègue Teh que ce jour peut porter bonheur et qu'elle va peut-être gagner au loto cette fois-ci.
Elle prend le message à la lettre (ah, avec ces Chinois, la chance et l'argent, ça ne rigole pas!). On file acheter un billet de loto à la pause de midi (qui est plus longue le vendredi pour la prière). Comme c'est vendredi, il y a des voitures garées vraiment partout et n'importe comment, en travers de la route, en double file sur les grands axes... On ne peut pas se garer, on se contente donc d'un "tour de manège" en ville, et on rentre.
Tout le monde a mangé mon fromage qui pue au boulot, je suis étonnée. Une collègue me dit "de toutes façons, si c'est cher pour eux, ils pensent que c'est bon". Ok.


Dernièrement, il y a un changement de météo. On a eu une semaine de sécheresse. Finies les pluies torrentielles quotidiennes et les orages qui font trembler la maison. Bizarre. Mais il fait très très chaud. Je jette un oeil à ces photos prises un jour de la bibliothèque (quand les rats avaient mangé les cables de notre bureau et qu'on n'avait plus d'électricité): une prise le matin et l'autre l'après-midi (vers 16h)

8 mars 2011

Histoires de mots, histoires de gestes

Je n’ai toujours rien écrit sur la langue nationale, le malais. On l’appelle ici « bahasa malaysia/ ou melayu » (par opposition au bahasa Indonesia), ou juste « bahasa » et elle est parlée par seulement 60% de la population (proportion de Malais).

Le bahasa vient d’Indonésie (Sumatra), et a emprunté à plusieurs d’autres langues, surtout l’arabe et l’anglais (mais il y a aussi quelques mots qui viennent du portugais -mentega, gereja, meja) et du chinois).

C’est plutôt simple au niveau de la prononciation, de la grammaire, de la construction des mots, etc. Ce qui est dur, c’est de comprendre les gens parler car tous les mots sont coupés. Genre « tidak tahu » devient « tak tau » (=je ne sais pas> chais pas, on est ex-aequo !).

Les Malaisiens parlant malais aiment bien faire durer la dernière voyelle… (ex : « Tak tauuuuuuuu », comme un cri de loup). Ils aiment aussi mettre des « lah » à tout va, même en anglais, « I don’t know, lah, why do u ask me ? Ok, lah », pour insister. S’ils sont d’origine chinoise, on aura plutôt des « mah ».

Ca devient compliqué ?

Et les Indiens, me direz-vous ? Et bien les non-malais parlent en général anglais entre eux, ou leur langue maternelle, ce qui peut devenir compliqué, comme pour les Chinois. Ce qui est amusant ici, c’est le code switching, le changement de langue en permanence, dans une même phrase ou au milieu de la conversation.

Tous les Malaisiens sont forts à ce jonglage.

Pour vous donner une idée de ce à quoi ressemble le malais, voici une petite traduction

“Semua manusia dilahirkan bebas dan samarata dari segi kemuliaan dan hak-hak. Mereka mempunyai pemikiran dan perasaan hati dan hendaklah bertindak di antara satu sama lain dengan semangat persaudaraan.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

Et une chanson, allez…


En ce qui concerne les gestes

Juste un conseil si vous venez. On ne peut pas montrer du doigt, alors on laisse son pouce dans la paume de la main en le tournant vers la personne/chose à désigner.

Et pour compter, ce n’est pas pareil avec les doigts, demandez à un Chinois.

30 janvier 2011

Raub

Ceci n'est pas une rafflesia

Un collègue me fait visiter son bled, Raub, et les alentours. Il me parle de la fameuse Rafflesia, que l'on peut trouver pas loin d'ici... C'est la fleur la plus grande du monde!

Une plage au pied d'une petite chute d'eau au milieu d'une forêt,
les rafflesias ne sont plus très loin!



On va à l'école voir sa femme instit, qui m'explique que 60% de ses élèves sont issus de la minorité Asli ("orang Asli"), ils habitent dans des villages assez isolés comme celui où se trouve son école.
On m'offre de la soupe de durian à manger avec du pain de mie.


Le soir, on va voir un village Asli. On traverse un pont troué et on arrive devant des cabanes, ça me rappelle le centre du Vietnam.



18 janvier 2011

La fête deThaipusam



Le temps passe, et toujours des fêtes qui approchent.

Après Deepavali en novembre, puis Noël, c'est le tour de Thaipusam cette semaine, et le Chinese New Year (année du lapin) les 3 et 4 février.
Plein de couleurs en vue, de petits ou grands lapins, de piercings plein le corps aux Batu Caves, et de musiques, de danses, de couleurs dans les rues!





Petite histoire de la fête de Thaipusam d'abord: c'est une fête hindoue célébrée principalement par la communauté tamoule. Elle commémore la naissance de Murugan, fils cadet du dieu Shiva, mais aussi le moment où la mère de Murugan (Parvati) lui donna une lance pour vaincre un démon.



















Ce festival est seulement célébré en Malaisie (1,5 million de personnes se rendent aux Batu Caves, à 13 km de Kuala Lumpur) et à Singapour.






A programme: marches, transes, crochets/hameçons avec chaines dans le dos (kavadis) /piercings , offrandes, montée des 272 marches et prières...

Tout cela dans des nuages parfumés d'encens.














Pour plus d'infos:
http://www.bbc.co.uk/religion/religions/hinduism/holydays/thaipusam.shtml

"The Hindu festival of Thaipusam is about faith, endurance and penance. When it's celebrated in Malaysia it's a dynamic, colourful, happy yet devotional event which can stretch for 3 or 4 days, and attract around one and a half million people each year.

The festival of Thaipusam was brought to Malaysia in the 1800s, when Indian immigrants started to work on the Malaysian rubber estates and the government offices.

It was first celebrated at the Batu Caves in 1888. Since then it's become an important expression of cultural and religious identity to Malaysians of Tamil Indian origin, and it's now the largest and most significant Hindu public display in the country."

Before the festival day itself there's an early morning chariot procession. Devotees approach the chariot with bowls of fruit and even hold babies up to be blessed. Groups of musicians and drummers add to the carnival feel, and pilgrims follow in procession.

This is a colourful event. Women wear jasmine flowers in their hair. Yellow and orange, the colours of Murugan, dominate. Orange is also a colour of renunciation, and is worn by those whose pilgrimage is a temporary path of asceticism.

On the day of Thaipusam itself devotees go to different lengths to show their devotion. Some carry pots of milk or "paal kudam" on their heads as a show of devotion and love to the god.

Others carry elaborate frameworks on their shoulders called "kavadis", which have long chains hanging down with hooks at the end which are pushed into their backs.

26 novembre 2010

Surpris par la pluie




La grosse pluie à Phang Nga town (Thaïlande)

10 novembre 2010

Dipavali (ou "Diwali"), fête hindoue de la lumière

Petit rappel (Wikipedia)

Cette fête commémore le retour de Rama. Les habitants d'Ayodhya avaient alors éclairé les rues, où passait le roi, avec des lampes "dīp".

Divālī fait appel à de nombreux mythes et légendes de l'hindouisme, se rapportant principalement à Vishnu (dieu de la préservation) et à son épouse Lakshmi.

A l'occasion de cette fête, on s'offre des cadeaux et on tire des feux d'artifice.

Les festivités durent cinq jours, le plus important étant le 3ème jour, qui correspond aussi au dernier jour du calendrier hindou Vikram, utilisé dans le Nord de l'Inde. Pendant Divālī on peut voir disposées des lampes en terre cuite ou métalliques remplies d'huile ou de beurre clarifié, qui brûlent grâce à une mèche en coton. Les bougies sont elles aussi fréquemment utilisées.
Un rangoli dans un centre commercial mégalo, Sunway Pyramids

Les rangoli sont les décorations qui, lors de la fête, ornent les maisons, les cours, les sanctuaires et même les salles à manger. Destinées à témoigner d'une chaleureuse hospitalité - car lors du troisième jour, Lakshmi, selon la croyance populaire, vient elle-même visiter les maisons - les rangoli sont dessinées sur le sol avec de la farine de riz en signe d'accueil et pour repousser les mauvais esprits. Des poudres de couleur sont aussi utilisées, afin de former des dessins de formes géométriques

9 octobre 2010

Extraits de Malaisie (1930)

Henri Fauconnier, Malaisie (1930)

Quelques passages me paraissent décrire ce que je vois/ressens...


(Sur la pluie)


« Il pleut beaucoup en Malaisie, mais on n’y connaît pas de jours maussades. Le ciel exulte, on pleure à très chaudes larmes. Souvent, le soir, vers quatre heures, un voile noir bien tendu monte de l’horizon. Si tendu qu’en passant sur nos têtes il se déchire et s’effiloche. Alors on entend le vent venir, et la pluie traîne sur les plaines derrière lui comme un vent plus lourd qui gronde. Tout à coup les stores battent, le toit crépite, l’univers rayé disparaît. La maison, isolée dans une nappe d’eau mouvante, est comme un sous-marin qui remonterait vite à la surface. »

(Et sur le temps)


« Et pourtant, dans mon souvenir, ce séjour à Bukit Sampah ne m’apparaît pas comme une époque de mon existence. J’ai l’impression d’avoir, au bord de la jungle, habité l’éternité. En Malaisie, les saisons diffèrent à peine. On ne meurt pas un peu chaque année, comme en Europe à la fin de l’automne. On ne s’inquiète plus de la date, ni de l’heure. On perd l’habitude de découper sa vie en petites parcelles pour les recoudre au tic-tac d’une montre. Seul le contraste des jours et des nuits pourrait attester que la terre n’a pas cessé de tourner. […] Il me faut faire un effort pour situer mes souvenirs sur un damier. »